Les affaires sont les affaires

D'Octave Mirbeau
Mise en scène de Claudia Stavisky

du 06 décembre au 18 décembre 2016

Durée 1h55, Salle François-Simon

Mardi, jeudi et samedi : 19h
Mercredi et vendredi : 20h
Dimanche : 17h

Spectacle à partir de 12 ans

With English surtitles on December 14th, 16th and 17th

Isidore Lechat retombe toujours sur ses pattes. Parti de rien, il a su édifier un empire industriel, commercial et médiatique à la démesure du château où il vit. Pur produit de son temps, rien ne semble pouvoir empêcher son irrésistible ascension. Mais c’est compter sans les désirs de ses propres enfants. Les affaires auront-elles raison de son destin ?

Coming from a modest background, Isidore Lechat has built himself an industrial, business and media empire to match his oversized ambition. At the head of a colossal fortune, this businessman, who is ready to do anything to satisfy his thirst for power, is proud of being able to make everyone act on his command. However, his desire for domination will be put to the test by his own children and by fate’s trials. Captivated by the very immediate and opportune resonance of this vitriolic portrait of a money-obsessed society, Claudia Stavisky highlights the sheer force of this visionary satire which touches the heart of each one of us.

Faire de la philanthropie ou des affaires

Isidore Lechat est-il si méprisable? Après tout, il n’a fait qu’appliquer les règles du capitalisme, toute nouvelle doctrine rendue possible par la balbutiante République, la Révolution industrielle et la liberté de la presse. On pourrait même dire qu’il incarne le rêve du self-made-man. Certains ne s’y sont pas trompés et l’admirent. La revanche du petit peuple. Isidore le miséreux est devenu Isidore le Tigre, vit dans un château bâti par Louis XIV et son intendant n’est autre qu’un aristocrate ruiné. Juste retour de bâton? Pas si on en croit son épouse, sa fille, ses employés et tous les individus qu’il brise les uns  après les autres, sans se retourner.

Pour Isidore Lechat, les affaires sont les affaires, et il n’y a que ça. Les frasques de son fils? – de la publicité pour son empire. Sa fille? – une valeur marchande pour la négociation d’un contrat. Sa femme? – une bonne à tout faire.

Tout comme dans son précédent roman, Le Journal d’une femme de chambre, Octave Mirbeau dessine au couteau dans ce chef-d’œuvre de la Belle Époque le tableau d’une société où règne la loi du plus fort. Représentée pour la première fois à la Comédie-Française en 1903, sa pièce Les affaires sont les affaires a été jouée dans le monde entier. On y retrouve dans l’écriture la même volonté politique libertaire de son auteur tant elle est inclassable.

Dans cette nouvelle création, Claudia Stavisky poursuit son inventaire des dérèglements de l’âme humaine. Entourée d’une distribution remarquable, elle offre à François Marthouret, nominé pour le Molière du comédien en 2016, un rôle de composition magistral.

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Avec Fabien Albanese, Éric Berger, Marie Bunel, Geoffrey Carey, Éric Caruso, François Marthouret, Stéphane Olivié-Bisson, Lola Riccaboni, Alexandre Zambeaux
Les 6 et 7 décembre avec Pierre-Stefan Montagnier et Christian Taponard

Scénographie Alexandre de Dardel, Lumière Franck Thévenon, Costumes Lili Kendaka, Son Jean-Louis Imbert, Vidéo Laurent Langlois, Assistante à la mise en scène Julie Guichard

Production Célestins - Théâtre de Lyon

Coproduction Théâtre de Carouge-Atelier de Genève, Les Théâtres de la Ville de Luxembourg, Théâtre du Gymnase et Bernardines - Marseille 

Avec le soutien du Grand Lyon, la métropole

Claudia Stavisky

Née à Buenos Aires, elle s’installe à Paris en 1974 pour suivre les cours d’Antoine Vitez au Conservatoire national supérieur d’art dramatique. C’est avec lui qu’elle commencera sa carrière de comédienne ainsi qu’avec Stuart Seide, Peter Brook et Jérôme Savary.

Parallèlement, elle s’engage. L’Argentine d’origine ukrainienne anime des ateliers d’alphabétisation par le biais du théâtre dans la prison de Fresnes et dans les foyers de travailleurs immigrés. Dès 1988, son engagement se fera à travers la mise en scène, 25 pour le théâtre et trois pour l’opéra. 

Des monuments de la littérature aux écritures contemporaines, le travail artistique de Claudia Stavisky s’inscrit dans la traversée des grandes aventures humaines tendues entre l’intime et le politique.
Explorant des poètes dramatiques venant de tous horizons, elle trouve en eux la lumière qui éclaire notre monde et rend universel notre regard sur les sociétés de notre temps, des «échos assourdissants de notre réalité quotidienne».

Depuis 2000, elle dirige, aux côtés de Patrick Penot puis de Marc Lesage, le Théâtre des Célestins à Lyon. En seize ans, ce lieu est devenu un axe incontournable des échanges culturels entre la France et la Suisse, et en particulier avec Genève. Claudia Stavisky multiplie les rencontres entre les publics et les artistes des deux bords à travers des résidences d’auteur, des ateliers citoyens et solidaires, des comités de lecture transfrontaliers ou encore des abonnements communs en particulier avec Le Poche/GVE.

Autour de "Les affaires sont les affaires"

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  • Journal No.3

    L’impunité dont jouit Isidore Lechat est tout autant la marque de fabrique des puissants d’aujourd’hui, ceux qui dé- tiennent l’argent et le pouvoir... et le plus souvent, les deux conjointement!

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  • Bord de scène

    Le mercredi 14 décembre 2016 à l'issue de la représentation, salle François-Simon. Discussion autour du spectacle en compagnie des artistes.