Mademoiselle Julie

D’August Strindberg

Mise en scène de Gian Manuel Rau

du 24 février au 15 mars 2015

Durée 1h30, sans entracte, Salle François-Simon

With English surtitles on
March 10th, 11th, 12th, 13th, 14th and 15th

    

Trouver le souffle, le nuage entre les notes

Un château. C’est la nuit de la Saint-Jean. En l’absence de Monsieur le Comte, sa fille, Mademoiselle Julie, se mêle aux danses et aux jeux, avec une ardeur que réprouve la domesticité, et en particulier Jean, le maître d’hôtel, bel homme portant bien la livrée. S’ouvre alors entre eux un corps à corps nocturne et tragique.

Gian Manuel Rau monte des sonates. Un peu à la manière de Glenn Gould quand il s’agit de Bach, il cherche le chemin le plus sinueux pour entendre la vérité. Staccato, souffle, nuage entre les notes, c’est entre les lignes que tout se joue. Sept ans après sa mise en scène du Pélican au Théâtre de Vidy-Lausanne, Rau revient à Strindberg pour monter Mademoiselle Julie au Théâtre de Carouge. Une pièce sur le pouvoir et
la soumission, sur le bourreau et sa victime, qui commence par ces deux notes : « Mademoiselle Julie est folle, complètement folle. » Une partition sans armure, à la dissonance parfaite, une danse de mort.
Tout se passe sur une île, dans la cuisine d’un château. Le danger rôde à la porte : le père pourrait rentrer, le fiancé vient de partir. C’est une nuit de la Saint-Jean, une nuit où les frontières sont abattues et où seuls les spectres et les trolls sont responsables de nos actes. Une page blanche dans notre existence, comme Mademoiselle Julie qui s’écrit au fur et à mesure que les personnages se racontent. Un spectacle né d’une rencontre. Celle de Gian Manuel Rau
et de Berdine Nusselder, une actrice à la beauté fragile, capable de s’abandonner aux multiples facettes de ce personnage. À ses côtés, Roland Vouilloz campera un Jean naïf et monstrueux tandis que Caroline Cons endossera le rôle de Christine, la sorcière ordonnatrice du temps et de l’espace. Une distribution tout en harmonie et dissonances pour ces personnages sans passé qui vivent de l’histoire qu’ils énoncent. Des acteurs d’instinct, maîtrisant le staccato et les nuages dans la pensée. Et de nous offrir un voyage intime et profond, tendre et maladroit, monstrueux et poétique.

Miss Julie

Midsummer night. A castle. The lord being away, his daughter, Miss Julie, joins in the dance and the games, with a passion the servants do not approve of, especially Jean, the butler, a young man who wears his livery well. A tragic struggle begins.

Gian Manuel Rau is creating sonatas. A little like Glenn Gould playing Bach, he explores the most sinuous way to approach the truth. Staccato, breath, cloud between the notes, it is all between the lines. Seven years after staging The Pelican in the Théâtre de Vidy-Lausanne, he comes back to Strindberg to direct Miss Julie in the Théâtre de Carouge. A play about power and submissiveness, about the offender and the victim, which starts with those two notes: “Miss Julie is crazy, completely crazy.” A naked score in perfect dissonance, a dance with death. It all happens on an island, in a kitchen in a castle. Danger prowls around the door. It is Midsummer night. A night when boundaries topple, when only ghosts and trolls can be held accountable for our acts. This production exists thanks to Gian Manuel Rau’s discovery of Berdine Nusselder, an actress with a fragile beauty, able to let herself go in the various facets of this character. At her side, Roland Vouilloz will play Jean, and Caroline Cons will be Christine. A harmonious and discordant casting, for these characters without a past, living thanks to the story they recount. Actors with instinct, who knows what staccato and clouds between the notes mean. Be ready to enjoy a journey, intimate and deep, tender and awkward, monstrous and poetic.

Gian Manuel Rau

Un soir d’été, dans la fournaise avignonnaise, un jeune garçon de 14 ans découvre émerveillé Henri IV de Shakespeare mis en scène par Arianne Mnouchkine. Quelques années plus tard, un nouveau choc : Hamlet de Patrice Chéreau. Sa vocation est née. Jeune homme, il part à Zurich étudier la littérature allemande et française et multiplie les mises en scène - surtout Beckett et Botho Strauss. Très vite, il est engagé comme assistant de Ruedi Hausermann au Theater am Neumarkt de Zurich, et de Thomas Ostermeier à la Schaubühne de Berlin. Depuis 2001, il enchaîne les mises en scène en Suisse, en France et en Allemagne. De la Comédie Française au Théâtre de Vidy-Lausanne en passant par la Sophiensaele de Berlin, il interroge autant le répertoire que les auteurs contemporains : Strindberg, Barfüss, Pinter, Büchner, Ibsen, Feydeau, Sprenger, Lessing, Srbljanovic. En 2009, il met en voix, à sa demande, Dominique Reymond dans Sujets à Vif – Prog. C, de Valérie Mréjen au Festival d’Avignon.

Gian Manuel Rau sur les ondes d’Espace 2 dans l’émission Les Matinales
Revue de presse de la pièce
La tournée de Mademoiselle Julie
"Organiser une soirée" autour du spectacle

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Avec Caroline Cons (Christine), Berdine Nusselder (Mademoiselle Julie), Roland Vouilloz (Jean)
Traduction et adaptation de Matthias LANGHOFF, Laurence CALAME, Francois CHATTOT, Philippe MACASDAR, Nicola RUDNITZKY, Martine SCHAMBACHER
Scénographie Anne Hölck Lumières et son Gian Manuel Rau Costumes Gwendolyn Jenkins
Production et producteur délégué Théâtre de Carouge-Atelier de Genève

Autour de "Mademoiselle Julie"